Claude-Code et l’IA: magie ou malédiction?

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Retour d’expérience sur Claude Code, agent de programmation IA : entre fascination pour l’efficacité et questionnement d’un enseignant sur le sens du codage humain.
Published

February 19, 2026

J’ai commencé à programmer sur un Thomson TO7 à la mairie de Bar-le-Duc, qui offrait des cours. Mon premier programme publié en 1983 (un Donkey Kong) dans Hebdogiciel1 m’avait pris les quinze jours d’initiation à la mairie.

J’ai ensuite tellement insisté auprès de mes parents que j’ai obtenu un Texas Instruments avec un vrai clavier, sur lequel je programmais en BASIC.

J’ai toujours du plaisir à programmer, mais côté efficacité — et donc emploi pour les étudiants — j’ai bien l’impression que c’en est terminé de l’utilisation des humains pour écrire des lignes de code, dans l’industrie du moins2

Cela pose la question du sens : si la plupart de nos activités intellectuelles sont réalisées plus rapidement et mieux par des machines, j’ai du mal à voir quelle direction prend l’humanité. Ce qui est sûr, c’est que cela me permet d’augmenter ma productivité de manière impensable il y a seulement un an. Mais est-ce souhaitable ? C’est une source de satisfaction, mais est-ce vraiment la direction à prendre ?

En tant qu’enseignant en mathématiques et en informatique, cela me pose la question de l’intérêt d’apprendre à coder. Quel niveau de compréhension reste nécessaire pour dialoguer efficacement avec un agent comme Claude Code ? Les mathématiques suivront le même chemin, dominée par l’efficacité machine et les mêmes questions se poseront. Ce qui reste important pour un être humain, c’est le plaisir de comprendre et d’interagir avec d’autres pour parvenir à cette compréhension. Ainsi, même si coder ne va plus être utile bien longtemps du point de vue de l’efficacité, il me semble que cela reste un plaisir de construire un programme — ou du moins d’avoir une part importante dans la co-construction avec une IA.

Définir les problèmes, choisir les priorités et prendre la responsabilité de ce qui a été construit ou choisi restent des prérogatives humaines. Nous devrions — et je parle pour moi principalement — prendre plus de temps à définir nos priorités et nos envies, en cherchant à comprendre les conséquences de nos choix. Choisir la lenteur est difficile dans notre société, mais souvent bénéfique. Claude Code programmerait un Donkey kong en dix minutes, mais les quinze jours que j’y ai passés m’ont appris à programmer.

Footnotes

  1. Journal (1983–1989) qui publiait des listings de programmes à recopier ligne par ligne — principalement pour les micros de l’époque.↩︎

  2. J’ai commencé à utiliser Claude Code la semaine passée (mi-février 2026). C’est l’outil de programmation le plus efficace que j’aie utilisé et les résultats semblent parfois magiques. Pour le tester, j’ai repris un code C de qualité qui ne tournait plus avec mon compilateur. Je m’étais fixé comme objectif de le ressusciter et de le transcrire en un module Python pour le rendre accessible sur GitHub. Claude Code est un agent qui fonctionne dans un répertoire. Ses performances sont améliorées si un fichier CLAUDE.md est créé pour donner les objectifs du projet, la façon de procéder et le contenu du projet. Claude peut évidemment améliorer ce fichier pour en préciser et respecter le format. Le programme tourne dans le terminal et il est vraiment impressionnant à voir fonctionner. Les tâches sont découpées en sous-objectifs, les erreurs de compilation sont plus ou moins auto-corrigées, des initiatives souvent habiles sont prises… Bref, c’est un programmeur chevronné, auquel il est possible d’ajouter des skills — dossiers de compétences contenant des instructions et du code supplémentaires (voir le marché des skills). En deux heures d’interactions, le code C tournait, le module Python était terminé, et le tout était sur GitHub : https://github.com/cambroise/nem↩︎