Cours 7 — Modèles en biologie
L3 GBI — Université d’Évry
Distance : positive, séparante, symétrique, inégalité triangulaire.
Hamming : nombre de positions différentes entre deux séquences.
Matrice des distances \(D\) : symétrique, diagonale nulle.
\[ s_j = \frac{1}{\sqrt{n}}\,\lVert \mathbf{x}^j - \bar{x}_j\,\mathbf{1} \rVert, \qquad x_{ij}^\star = \frac{x_{ij}}{s_j} \]
Corrélation : cosinus des vecteurs centrés, \(\ r = s(\mathbf{x} - \bar{x}\,\mathbf{1},\ \mathbf{y} - \bar{y}\,\mathbf{1}) \in [-1, 1]\).
Centre de gravité \(\mathbf{g} = \frac1n \sum_i \mathbf{x}_i\) ; inertie \(I = \frac1n \sum_i \lVert \mathbf{x}_i - \mathbf{g} \rVert^2 = \sum_j s_j^2\).
Huygens : \(I = W + B\), inertie intra-classe plus inertie inter-classe.
k-means : affectation au centre le plus proche, recentrage ; \(W\) décroît jusqu’à stabilité.
Classification ascendante hiérarchique : fusions successives des deux classes les plus proches, dendrogramme.
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ATATAATA
ATATAATC
CTATAATG
CTATAATT
GTATAATC
GTATTATG
TTATTACA
TTATTACC
ATAATAGG
CTGATAGT
Dix sites de fixation alignés. Quelles positions renseignent sur le site ?
Sites illustratifs, proches de la boîte −10 (TATAAT) des promoteurs bactériens.
La surprise d’un événement de probabilité \(p\) : d’autant plus grande que \(p\) est petite, nulle pour un événement certain.
\[ h(p) = -\log_2 p = \log_2 \frac{1}{p} \quad \text{(en bits)} \]
\(p = 1/2\) : 1 bit. \(\quad p = 1/4\) : 2 bits. \(\quad p = 1/1024\) : 10 bits. \(\quad p = 1\) : 0 bit.
Deux événements indépendants : probabilités multipliées, surprises additionnées.
\[ h(pq) = -\log_2 (pq) = -\log_2 p - \log_2 q = h(p) + h(q) \]
Deux bases indépendantes, chacune de probabilité \(1/4\) : probabilité \(1/16\), surprise \(2 + 2 = 4\) bits.
Le logarithme : la seule façon de transformer produits en sommes.
Un bit : la réponse à une question oui/non dont les deux réponses sont également probables.
Une base parmi quatre, équiprobables : deux questions.
« Purine (A ou G) ? », puis « A ? » : \(\ 2\) bits \(= -\log_2 \frac14\).
La surprise moyenne : l’incertitude d’une loi de probabilité.
\[ H(\mathbf{p}) = -\sum_{i=1}^{K} p_i \log_2 p_i, \qquad \mathbf{p} = (p_1, \dots, p_K),\ p_i \ge 0,\ \sum_i p_i = 1 \]
Convention : \(0 \log_2 0 = 0\).
\(\mathbf{p}\) : un vecteur de \(\mathbb{R}^K\), la « loi » du C1.
| Loi | Entropie |
|---|---|
| Pièce équilibrée, \((1/2, 1/2)\) | 1 bit |
| Base d’ADN uniforme, \((1/4, 1/4, 1/4, 1/4)\) | 2 bits |
| Dé à 8 faces équilibré | 3 bits |
| Position invariable, \((1, 0, 0, 0)\) | 0 bit |
Loi uniforme sur \(K\) modalités : \(H = \log_2 K\).
L’entropie est nulle pour un résultat certain et maximale pour la loi uniforme.
\[ 0 \le H(\mathbf{p}) \le \log_2 K, \qquad \begin{aligned} &H = 0 \iff \text{une modalité certaine} \\ &H = \log_2 K \iff \mathbf{p} \text{ uniforme} \end{aligned} \]
Admis.
Deux modalités de probabilités \(p\) et \(1 - p\) : maximum 1 bit en \(p = 1/2\).
Loi \((1/2, 1/4, 1/8, 1/8)\) sur A, C, G, T : \(\ H = 1{,}75\) bit.
Questions : « A ? », puis « C ? », puis « G ? ».
\[ \tfrac12 \times 1 + \tfrac14 \times 2 + \tfrac18 \times 3 + \tfrac18 \times 3 = 1{,}75 \text{ questions en moyenne} \]
Lecture de l’entropie \(H\) : nombre moyen de questions oui/non de la meilleure stratégie, à une question près.
Équilibre du canal (C3) : fermé \(5/6\), ouvert \(1/6\).
\[ H = -\tfrac56 \log_2 \tfrac56 - \tfrac16 \log_2 \tfrac16 \approx 0{,}65 \text{ bit} \]
Canal le plus souvent fermé : moins d’un bit d’incertitude sur son état.
Une courte séquence d’ADN reconnue par une protéine, qui s’y fixe.
Boîte −10 d’un promoteur bactérien : site de l’ARN polymérase. Plus la séquence est proche de TATAAT, plus la polymérase s’y fixe, plus le gène est transcrit.
Promoteurs de gènes différents, reconnus par la même ARN polymérase.
Facteur \(\sigma\) : la sous-unité de la polymérase qui lit la boîte −10.
Séquences superposées sur le motif reconnu : une ligne par site, une colonne par position.
Colonne \(j\) : les bases présentes à la position \(j\), d’un site à l’autre.
Schneider, Stormo, Gold et Ehrenfeucht, Journal of Molecular Biology, 1986.
12345678 ATATAATA ATATAATC CTATAATG CTATAATT GTATAATC GTATTATG TTATTACA TTATTACC ATAATAGG CTGATAGT
| Base | Effectif \(n_{b1}\) |
|---|---|
| A | 3 |
| C | 3 |
| G | 2 |
| T | 2 |
| Total | 10 |
La fréquence de la base \(b\) à la position \(j\) : la proportion des sites qui portent \(b\) en \(j\).
\[ f_{bj} = \frac{n_{bj}}{n}, \qquad n = 10 \text{ sites}, \qquad \sum_{b \in \{A, C, G, T\}} f_{bj} = 1 \]
Position 1 : \(\ \frac{1}{10}\,(3, 3, 2, 2) = (0{,}3 ;\ 0{,}3 ;\ 0{,}2 ;\ 0{,}2)\).
Base codée par un vecteur indicateur, \(\mathbf{e}_A = (1, 0, 0, 0)\), … : colonne \(j\) = moyenne des \(n\) vecteurs indicateurs de la position \(j\).
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| A | 0,3 | 0,0 | 0,9 | 0,2 | 0,5 | 1,0 | 0,0 | 0,2 |
| C | 0,3 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,2 | 0,3 |
| G | 0,2 | 0,0 | 0,1 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,2 | 0,3 |
| T | 0,2 | 1,0 | 0,0 | 0,8 | 0,5 | 0,0 | 0,6 | 0,2 |
Colonne \(j\) : la loi des bases à la position \(j\), un vecteur de \(\mathbb{R}^4\) de somme 1.
Hypothèse du modèle : positions indépendantes, une loi par colonne.
Position conservée : base déterminante pour la fixation. Mutation → fixation plus faible → gène moins transcrit → mutation contre-sélectionnée.
Position variable : pas de contrainte, mutations neutres. Positions 1 et 8 : hors du motif, fréquences proches de \(1/4\).
Consensus TATAAT rarement complet : l’écart au consensus module la force du promoteur, donc le niveau d’expression du gène.
| Position | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| \(H\) (bits) | 1,97 | 0 | 0,47 | 0,72 | 1 | 0 | 1,37 | 1,97 |
Positions 2 et 6 : aucune incertitude. Positions 1 et 8 : presque l’incertitude maximale, 2 bits.
La réduction d’incertitude qu’apporte le site à une position, par rapport à une base tirée au hasard.
\[ R_j = 2 - H_j \in [0, 2] \quad \text{(en bits)} \]
| Position | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| \(R\) (bits) | 0,03 | 2 | 1,53 | 1,28 | 1 | 2 | 0,63 | 0,03 |
Information totale du site : \(\sum_j R_j \approx 8{,}5\) bits.
Hauteur d’une pile : \(R_j\). Part de chaque base : sa fréquence.
Représentation de Schneider et Stephens, Nucleic Acids Research, 1990, en barres empilées.
Variance : écart des valeurs à leur moyenne. Des valeurs numériques.
Entropie : incertitude sur la modalité observée. Les valeurs n’interviennent pas, seulement leurs probabilités.
| Loi sur \(\{1, \dots, 8\}\) | Entropie | Variance |
|---|---|---|
| Uniforme | 3 bits | 5,25 |
| Moitié sur 1, moitié sur 8 | 1 bit | 12,25 |
Désaccord La variance récompense l’éloignement des valeurs, l’entropie le nombre de modalités possibles.
A, C, G, T : ni moyenne ni variance ; l’entropie reste définie.
Coder A = 1, C = 2, G = 3, T = 4 : une variance qui dépend du codage choisi.
Renommer les modalités ne change pas l’entropie.
Parmi les lois de variance donnée, la loi normale est celle d’entropie maximale.
\[ X \sim \mathcal{N}(\mu, \sigma^2) \ \Longrightarrow\ H(X) = \tfrac12 \log_2\!\bigl(2 \pi e\, \sigma^2\bigr) \]
Admis. Entropie d’une loi continue : une valeur qui peut être négative.
Doubler l’écart-type : \(\tfrac12 \log_2 4 = 1\) bit de plus.
Scott E. Page, The Model Thinker, ch. 12 : lois d’entropie maximale sous contrainte de moyenne ou de variance.
Données gaussiennes : l’entropie croît avec la variance.
Variance comme information Garder les directions de grande variance : garder l’information.
1234567890 GACAUGAGUC GACCUGAGUC GUCAUUAGAC GUCCUUAGAC GGCAUUAGCC GGCCUUAGCC GCCAUGAGGC GCCCUGAGGC
Positions 2 et 9 (orange) : appariées dans une tige, A–U ou G–C. Positions 4 et 6 (bleu) : sans lien.
Séquences illustratives.
La probabilité de chaque couple de bases, rangée dans une matrice.
\[ J_{ij} = \Pr(X = i,\ Y = j), \qquad \sum_{i, j} J_{ij} = 1 \]
\(X\) : base en position 9.
\(Y\) : base en position 2.
Lignes et colonnes : A, C, G, U.
\[ J = \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0 & 1/4 \\ 0 & 0 & 1/4 & 0 \\ 0 & 1/4 & 0 & 0 \\ 1/4 & 0 & 0 & 0 \end{pmatrix} \]
Loi de chaque position : sommes des lignes, sommes des colonnes.
\[ \text{loi de } X = J\,\mathbf{1}, \qquad \text{loi de } Y = J^T \mathbf{1} \]
Deux produits matrice-vecteur (C3). Tige d’ARN : \(J\,\mathbf{1} = J^T \mathbf{1} = (1/4, 1/4, 1/4, 1/4)\).
Deux positions indépendantes : la loi jointe est le produit des marges.
\[ J = \mathbf{p}\,\mathbf{q}^T, \qquad J_{ij} = p_i\, q_j \]
\(\mathbf{p}\,\mathbf{q}^T\) : une colonne (\(4 \times 1\)) fois une ligne (\(1 \times 4\)). Toutes les colonnes proportionnelles à \(\mathbf{p}\) : une matrice de rang 1.
Positions 4 et 6 : \(\begin{pmatrix} 1/4 & 1/4 \\ 1/4 & 1/4 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1/2 \\ 1/2 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 1/2 & 1/2 \end{pmatrix}\). Tige d’ARN : \(J \neq \mathbf{p}\,\mathbf{q}^T\), des positions dépendantes.
Diviser chaque colonne de \(J\) par sa somme : la loi de \(X\) sachant \(Y = j\).
\[ \Pr(X = i \mid Y = j) = \frac{J_{ij}}{\sum_k J_{kj}} \]
Colonnes de somme 1 : une matrice de transition (C3).
Tige d’ARN : un seul 1 par colonne. La base en 2 détermine la base en 9.
Ce que la connaissance d’une position apprend sur l’autre.
\[ I(X ; Y) = H(X) + H(Y) - H(X, Y), \qquad H(X, Y) = -\sum_{i, j} J_{ij} \log_2 J_{ij} \]
Propriétés admises : \(I \ge 0\), et \(I = 0\) si et seulement si \(J = \mathbf{p}\,\mathbf{q}^T\).
Positions 2 et 9 : \(H(X) = H(Y) = 2\), \(\ H(X, Y) = 2\), \(\ I = 2\) bits.
Positions 4 et 6 : \(I = 0\).
Mutations compensatoires Les bases changent ensemble, l’appariement se conserve : l’information mutuelle détecte une contrainte de structure.
Deux variables gaussiennes de corrélation \(r\) :
\[ I = -\tfrac12 \log_2 (1 - r^2) \quad \text{(admis)} \]
\(r = 0{,}5\) : \(0{,}21\) bit. \(\quad r = 0{,}9\) : \(1{,}20\) bit. \(\quad r = 0{,}99\) : \(2{,}83\) bits.
Corrélation : liens linéaires entre valeurs. Information mutuelle : toute dépendance, entre valeurs ou entre modalités.
Incertitude, dispersion, dépendance Entropie : incertitude sur des modalités.
Variance : dispersion de valeurs numériques.
Information mutuelle : dépendance entre deux variables, quelle qu’en soit la forme.