
Entre France et Allemagne, des origines de la famille Ambroise
1 Introduction
1.1 Souvenirs
Au 20 rue du Tribel, dans la maison de mes grands-parents, Marie-Thérèse et Jean Alfred Ambroise — que j’appelais Oma et Opa — il y avait des photos partout. Le long couloir qui menait de la porte d’entrée à la cour intérieure en était peuplé. On en trouvait aussi dans toutes les pièces de la maison. Oma, qui ne jetait rien et adorait raconter, répétait inlassablement les anecdotes liées à chaque image, chaque bibelot. La maison tout entière formait un récit en fragments, suspendu entre mémoire et objets.
Oma parlait souvent de sa famille, mais toujours en se concentrant sur la branche qui la concernait directement : sa grand-mère, et les ancêtres du côté maternel. C’est cette grand-mère qui l’avait élevée, sa mère ayant passé une grande partie de son enfance à l’hôpital psychiatrique. Les anecdotes fusaient, nombreuses, vivantes. Mais lorsque, avec Martine, nous avons voulu en savoir davantage dans les années 2010, il était déjà trop tard. Dans sa vieillesse, Oma Thérèse confondait les dates, mélangeait les souvenirs. Le temps avait commencé à effacer les repères, à brouiller les années.
Elle m’avait souvent dit que le père de Jean Alfred Ambroise, son mari, s’appelait Ambroise parce qu’il était un enfant trouvé. Il était, disait-elle, impossible de remonter cette branche — et de toute façon, cela ne l’intéressait guère. Elle évoquait parfois sa belle-mère, une femme dure avec laquelle, d’après mes souvenirs, elle ne s’entendait pas.
Un jour, j’ai voulu comprendre. J’ai commencé à chercher, à fouiller… et plus j’avance, plus chaque petite découverte m’encourage à aller plus loin. J’espère que ces quelques pages, factuelles pour la plupart, pourront vous donner un aperçu de nos origines — de ce fil discret qui nous relie à celles et ceux qui nous ont précédés.
1.2 Organisation du document
Le patronyme Ambroise (voir la section Le patronyme Ambroise) trouve ses racines à Doullens, dans la Somme, où la lignée remonte au moins à Georges Ambroise (1635–1709), maître tailleur (Chapitre Doullens) . Plusieurs générations plus tard, Aline Julienne Joséphine Ambroise, née en 1837, quitte Doullens pour Paris (Section Aline Julienne Joséphine Ambroise (1837-1865)). Elle y mène une vie modeste et donne naissance à sept enfants, dont Alfred, né en 1861 dans le 14ième arrondissement.
Alfred migre ensuite en Meuse, où il épouse Catherine Hissette, une femme d’origine alsacienne (Chapitre Alfred Ambroise (1861- ), Catherine Hissette (1868- ) et leurs enfants). Le couple a au moins cinq fils, et nomme leur premier enfant… Alfred. Ce dernier épouse une femme plus âgée que lui : elle a 37 ans, lui 30. Leur fils Jean (Alfred) Ambroise, mon grand-père grandit à Mont-Saint-Martin. Militaire à Bar-le-Duc, il y croise le chemin de Marie-Thérèse Anchier, alors âgée de 16 ans — de leur amour naîtra bientôt un enfant.
Marie-Thérèse a été élevée par sa grand-mère paternelle (voir Chapitre Marie Gillet (1852–1941) et Charles Anchier (1852–1935), et leurs enfants), sa mère Fernande Marguerie ayant été internée dès 1923 (Chapitre René Anchier, Fernande Marguerie (1889-1930)). La famille Anchier est originaire de la Meuse (Chapitre La branche Herbillon (1600-1900), tandis que la lignée Marguerie vient de Mayence (Chapitre La branche bourgeoise des Lorum-Marguerie), sur les bords du Rhin.
Jean-Alfred et Marie-Thérèse se marient, divorcent, se remarient, et ont trois fils : Jean-Claude (mon père), René et Christian (Chapitre Alfred Ambroise et Marie-Thérèse Anchier). Jean-Claude, renouant avec ses lointaines origines germaniques, épouse Maren Schertel, née à Kehl, sur les rives du Rhin. Ils ont un fils unique : Christophe Ambroise (Chapitre Jean Claude Ambroise et Maren Schertel).
Christophe épouse Martine Gutmann, alsacienne, et de leur union naissent trois filles : Manon, Lison et Liou. Manon repart vivre en Allemagne, où elle rencontre Ingmard Lorenz, avec qui elle a un fils, Émile, né le 12 janvier 2024. Ils vivent aujourd’hui non loin du Rhin.
Ce livre suit grossièrement le fil de cette histoire familiale, génération après génération. Chaque chapitre est centré sur une branche, un couple ou un individu, afin donner un point de vue sur cette succession de vies à travers les âges. Des échos et reprises jalonnent ces pages, mais ils offrent au lecteur la liberté de naviguer à sa guise dans l’ouvrage, chaque chapitre formant un ensemble relativement cohérent.
