La régression ridge
un peu de biais contre beaucoup de variance : il existe toujours un λ qui bat les moindres carrés
1 · CRITÈRE ET THÉORÈME D'EXISTENCE
$$\hat\beta(\lambda)=\arg\min_{b}\ \|y-Xb\|^2+\lambda\|b\|^2=(X^\top X+\lambda I)^{-1}X^\top y$$
$$\text{Hoerl et Kennard (1970) :}\quad \exists\,\lambda>0,\quad
\mathbb{E}\|\hat\beta(\lambda)-\beta\|^2\;<\;\mathbb{E}\|\hat\beta_{\text{MCO}}-\beta\|^2$$
$$\text{il suffit que }\ 0<\lambda<\frac{\sigma^2}{\alpha_{\max}^2},\qquad \alpha=V^\top\beta \ \text{ (coordonnées de } \beta \text{ dans la base propre de } X^\top X)$$
2 · À TOI : FAIS VARIER λ
plan \((\beta_1,\beta_2)\) : ellipses des MCO, cercle de la pénalité, estimateurs sur 80 échantillons
critère : erreur quadratique moyenne \(\mathbb{E}\|\hat\beta(\lambda)-\beta\|^2\) — glisse pour changer λ
Plan fixe \(X^\top X=n\left(\begin{smallmatrix}1&\rho\\ \rho&1\end{smallmatrix}\right)\), \(n=20\), vrai \(\beta=(1{,}5\,;\,0{,}5)\), erreurs gaussiennes. Points gris : \(\hat\beta_{\text{MCO}}\) ; points bleus : \(\hat\beta(\lambda)\) sur les mêmes échantillons. Courbe noire : chemin \(\lambda\mapsto\hat\beta(\lambda)\) du premier échantillon.
3 · RAPPELS
- Avec \(X^\top X=V\,\mathrm{diag}(d_j)\,V^\top\) et \(\alpha=V^\top\beta\) : $$\mathbb{E}\|\hat\beta(\lambda)-\beta\|^2=\underbrace{\sigma^2\sum_j\frac{d_j}{(d_j+\lambda)^2}}_{\text{variance}} +\underbrace{\lambda^2\sum_j\frac{\alpha_j^2}{(d_j+\lambda)^2}}_{\text{biais}^2}.$$
- Pourquoi le théorème : en \(\lambda=0\), la variance décroît avec une pente \(-2\sigma^2\sum_j 1/d_j^2<0\), tandis que le biais² part à plat (il est d'ordre \(\lambda^2\)). Un petit \(\lambda\) fait donc toujours gagner.
- Colinéarité : une petite valeur propre \(d_j\) fait exploser la variance \(\sigma^2/d_j\) des MCO. La ridge rétrécit chaque direction propre du facteur \(d_j/(d_j+\lambda)\), donc surtout les directions mal estimées.
- \((X^\top X+\lambda I)\) est inversible pour tout \(\lambda>0\), même si \(p>n\) : la solution existe et est unique.
- Forme contrainte : minimiser \(\|y-Xb\|^2\) sous \(\|b\|^2\le t\). L'optimum est le point où une ellipse des MCO touche le cercle.
- Le \(\lambda^\star\) optimal dépend de \(\beta\) et \(\sigma\), inconnus : en pratique on le choisit par validation croisée ou GCV.